Développement des réseaux d’accès en fibre optique FTTx et leurs impacts sociaux économiques

L’entrée du Gabon dans le XXIè siècle se caractérise par une série de mutations au titre desquelles la révolution numérique joue un rôle de premier plan, tant dans la diversité de ses projets et applications que dans sa portée sur le plan international.

Les réseaux numériques sont devenus, en quelques années, la dorsale d’étendue mondiale par laquelle transitent des flux considérables d’échanges d’informations, d’interactions et de transactions qui touchent à toutes nos activités privées et professionnelles, qu’elles soient économiques, sociales, éducatives, sanitaires, culturelles, administratives ou démocratiques.

Le nombre de personnes dans le monde utilisant les technologies numériques est en constante progression. L’Union Internationale des Télécommunications a recensé 4,9 milliards d’internautes à travers le monde en 2021, soit 63% de la population mondiale. Il s’agit là d’une bonne nouvelle pour le développement dans le monde. Cependant, les données de l’UIT confirment que la capacité à se connecter demeure marquée par de profondes inégalités.

Environ 96% des 2,9 milliards de personnes qui ne sont toujours pas connectées vivent dans les pays en développement. Et même parmi les 4,9 milliards de personnes considérées comme des « internautes », des centaines de millions n’y ont accès que de manière occasionnelle, au moyen de dispositifs en partage ou d’une connectivité à bas débit qui limite grandement l’utilité de leur connexion.

Alors que près des deux tiers de la population mondiale disposent à présent d’un accès à l’Internet, il reste encore beaucoup à faire pour connecter tous les habitants de la planète. Au Gabon, au terme du 1er  trimestre 2022, le segment de la data dénombre un parc total déclaré par les opérateurs de 2 226 689 abonnements Internet. Dans le même temps, les abonnements fixes enregistrent une hausse continue depuis plusieurs trimestres grâce au développement et à la vulgarisation de l’internet en fibre optique, ainsi qu’à la multiplicité des Fournisseurs d’Accès à Internet (FAI). Mais globalement, le mode d’usage de la data au cours de ce trimestre reste dominé par l’internet mobile à hauteur de 97,09% contre 2,91% pour le fixe. Ces évolutions représentent, pour le Gabon, de nombreuses opportunités et, dans le même temps, de véritables défis.

Si le Gabon est, aujourd’hui, entrée dans l’ère du numérique et des nouvelles technologies, trop de territoires en restent encore exclus, et notamment un certain nombre de communes rurales ou isolées, pour lesquelles la rentabilité économique est difficile pour les opérateurs.

Ma conception de l’aménagement du territoire est de veiller au traitement équitable de nos territoires, car l’accès aux nouvelles technologies constitue un outil indispensable pour les services publics, le développement économique et plus généralement l’attractivité de ces territoires. L’équité, c’est de faire un effort supplémentaire là où le marché ne va pas spontanément, là où la qualité du service et les niveaux de prix ne sont pas au niveau des références nationales.

Le déploiement du Backbone National à fibre optique phase 1 (BNG P1) se poursuit sur le territoire national avec la phase 2 axe sud en perspective. L’offre d’accès internet va se densifier et va permettre de couvrir l’ensemble des populations des neuf (9) provinces du Gabon.

L’évolution des technologies a toujours été, dans tous les pays, une source de déséquilibre entre les différents territoires constituant ces pays. Les collectivités territoriales doivent, aujourd’hui, montrer que la volonté locale associée à l’objectif de cohésion territoriale est la meilleure voie pour assurer le développement harmonieux et la dynamique d’ensemble d’un territoire.

En effet, les politiques de développement économique, social et culturel mises en œuvre sur ces territoires sont interdépendantes. L’aménagement numérique des territoires est un outil qui transforme la société au-delà des visions traditionnelles et l’accélération caractéristique de l’appropriation des TIC par une population peut souvent changer totalement les modes de fonctionnement.

Plus que n’importe quelle année de l’histoire, 2020 a montré qu’Internet est indispensable. Cette année a changé fondamentalement et probablement durablement la façon dont nous vivons, travaillons, étudions, défendons nos idées et communiquons. Elle nous a obligé à garder nos distances physiquement, mais nous a rapprochés en ligne. Malgré toutes ses contradictions, l’impact de 2020 sur Internet a été une accélération rapide de tendances qui existaient déjà.

A très bientôt pour une nouvelle chronique.

Directeur Général Adjoint de la SPIN, Emile KOMBILA

Directeur Général Adjoint de la SPIN, Emile KOMBILA
Directeur Général Adjoint de la SPIN, Emile KOMBILA
Biographie de l’expert:
  • Monsieur Emile KOMBILA est Diplômé de l’Institut National des Télécommunications d’Evry (INT Evry), option Ingénierie des Réseaux et Services Télécoms.
  • En 1994, chez NetManage France, il est Editeur de Logiciels de Communication en qualité d’Ingénieur avant-vente solutions Réseaux-IP.
  • En 1998, il intègre l’Institut Centralien des Technologies et du Management (ICTM) école Centrale de Paris pour une formation de Consultant en Système d’Information.
  • En 1999, il rejoint l’OPT (Office des Postes et Télécommunications Gabonaises) en qualité d’Ingénieur Plateforme Interactive Comverse Trilogue Manager, poste qu’il va occuper pendant deux ans jusqu’en novembre 2001.
  •  En 2001, il suit une formation à l’INT Evry sur les technologies radio WiMAX 802.16e, et intègre un poste de Technical Support Manager chez Alcatel-Lucent France à Villarceaux .Durant son parcours chez Alcatel-Lucent France, il pilote le projet SFR/SHD, projet de déploiement d’une boucle locale radio WiMax 802.16e pour l’interconnexion au réseau IP-MPLS de l’opérateur SFR. Ce projet a permis de concevoir l’offre d’accès internet haut débit par la Box SFR.
  • En 2008, son expertise dans le domaine de l’aménagement numérique des territoires commence chez Axione France, où Il a singulièrement participé au projet de construction de deux RIP (Réseaux d’Initiatives Publics), dans la région de la Nièvre et le Limousin.
  • Monsieur KOMBILA est également titulaire d’un Diplôme d’Ingénieur en Monétique et Transactions Sécurisées de l’Ecole Nationale Supérieure des Ingénieurs de Caen (ENSICaen) en France.